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sept 28 2012

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Pang

Pang Colecovision

Michel Louvet, alias bfg, s’est fait une spécialité d’adapter des jeux d’arcade sur la Colecovision, pour le plus grand bonheur des fans de la machine. Pang n’y échappe pas et se retrouve donc sur la console de CBS.

Développeur : Michel Louvet, Jean-Philippe Meola, Vincent Godefroy
Editeur : CollectorVision
Genre : action
Commercialisation : 2012 (?)
Testé sur : CBS Colecovision

Mais pourquoi Michel Louvet, le développeur le plus prolifique pour la Colecovision, a t-il choisi Pang et pas un autre titre ? Cela peut sembler arbitraire d’autant plus qu’il existe de nombreux autres classiques de bornes d’arcade. Etonnamment, la décision d’adapter Pang sur la console de CBS est le fruit d’un concours de circonstances.

« J’avais développé une routine de saut avec inertie et mon sprite était une boule. Au lieu d’utiliser des nombres à virgules flottantes, j’ai utilisé des virgules fixes. J’ai adapté le truc pour faire rebondir la boule comme dans Pang et à ce moment, je me suis demandé si il était possible d’adapter Pang sur Colecovision. J’ai tenté ma chance en reprenant le code source de la version que j’avais fait sur Dreamcast en l’adaptant aux virgules fixes et en la simplifiant profondément« .

Pang Colecovision

Mais la programmation ne fut un long fleuve tranquille malgré le peu de temps qu’elle a nécessité. En effet, il a fallu, à Michel, compresser les graphismes de Vincent Godefroy, alias Crapahute, afin de les incorporer dans le jeu.

« Sur les 20 fonds différents, on a pu en garder que 4. En plus, il à fallu que je rejoue à Pang sur arcade pour ripper les graphismes et analyser les niveaux que je pouvais reprendre sans mettre la console à genoux« .

Toujours dans un souci de gagner de la place sur la ROM, le développeur utilise la compression Dan0, ce qui a permis de récupérer 4 Ko, « énorme pour un jeu Coleco« , sans compter que Michel a programmé un convertisseur MOD qui transforme les musiques Colecovision en Java.
Mais revenons un peu à Pang, le jeu original sur bornes d’arcade.

Ballons de foire

Développé et édité par Mitchell en 1989, le titre mêle à la fois précision et réflexes où vous devez éclater, grâce à un grappin, des ballons qui rebondissent. Cela pourrait être simple mais chaque ballon, après avoir été touché, se divise en deux autres ballons, plus petits. Cette division continue quatre fois avant que le ballon ne soit définitivement détruit.

En outre, en se divisant, le rebond des ballons divisés est amoindri. A sa plus petite taille, ce rebond est à son plus faible niveau, rendant la tâche plus difficile et d’autant plus dangereuse pour le héros, qui, si il est touché, perd une vie.

Bien que le principe de jeu soit identique, limitations techniques de la Colecovision obligent, l’adaptation se voit amputé de certaines choses comme des items, moins fournis que sur l’original et qui sont au nombre de quatre. Néanmoins, il ne subsiste que l’essentiel à commencer par la vie supplémentaire qui est d’autant plus utile que vous débutez le jeu avec seulement trois vies. Sachant qu’il y a 30 niveaux (il est bon de souligner qu’à la fin de ces 30 niveaux, vous recommencez au début), vous vous rendez compte du défi qui vous attend.

Pang Colecovision

Autre item, la bombe qui transforme tous les ballons en leur plus petite taille. Cela signifie qu’il ne faudra les toucher plus qu’une seule fois pour les détruire.

Par contre, cet possibilité, même si elle est appréciable, peut s’avérer extrêmement dangereuse si vous l’obtenez dès le début du niveau. Dans ce cas, ce ne sont pas moins de 32 petits ballons, au faible rebond, qu’il faut éliminer.
A moins d’être chanceux, très habile ou d’avoir l’item suivant, vous n’avez quasiment aucune chance d’en ressortir indemne.

Troisième item donc, l’invulnérabilité temporaire qui, comme son nom l’indique, vous rend invincible pendant un laps de temps déterminé.
Enfin, dernier item, l’horloge qui gèle littéralement les ballons sur place pendant un certain temps, où vous n’avez plus qu’à vous placer pour tirer.

Souffler dans le ballon

Pang offre deux modes de jeu, la différence résidant en la vélocité des ballons qui est plus prononcée dans la Game 1. Evidemment, cela fait immédiatement penser aux jeux LCD des années 80 où le second jeu correspondait à une plus grande difficulté. Pour un débutant, mieux vaut attaquer par le Game 2 car, il faut l’avouer, le niveau est assez élevé même si il l’est moins que sur la version arcade.

De fait, ne vous attendez pas à progresser très loin dans les premières parties. Pang requiert de la persévérance au même titre que la précision et les réflexes. Un jeu, certes, exigeant mais doté d’un plaisir de jouer énorme.

Côté graphismes, comme signalé plus haut, il y a 4 écrans différents, lesquels représentent des lieux symboliques comme le mont Fujiyama, l’Arc de Triomphe, Big Ben ou la Statue de la Liberté. Mais sur certains niveaux, les éléments, comme les plateformes, se confondent si bien avec le décor que l’on se demande si Michel Louvet et Vincent n’auraient pas des penchants quelque peu sadiques. En tout cas, loin d’être un défaut, cela donne du piment au titre et est aussi une des raisons de sa difficulté.

Pang Colecovision

Les animations sont très fluides sauf quand le nombre de ballons à l’écran est important. Dans ce cas, un ralentissement se fait sentir et les graphismes des ballons s’en trouvent affectés. Cela est expliqué par le nombre de sprites qui accaparent les capacités de la Colecovision.

« La Colecovision a une limitation au niveau des sprites, pas plus de 4 simultanément sur une ligne. On doit les faire clignoter pour pouvoir en afficher plus sur une ligne. Pour les ralentissements, 16 boules à tester avec n plateformes donne n X 16 tests de collision + 16 X 1 test pour le joueur, ceci, à chaque tour de boucle.
D’ailleurs, sur les niveaux avec beaucoup de ballons et de plateformes, la gestion des collisions n’est pas la même que pour les autres niveaux. Ce test de collision n’est pas fait à chaque tour de boucle afin de faire respirer la pauvre console
« .

Les effets sonores, quant à eux, sont aussi variés que soignés et accompagnent parfaitement le jeu. Quant aux musiques, même si elles ne sont pas nombreuses, sont bien choisies et agrémentent le jeu. Par ailleurs, elles vous mettent dans l’ambiance par leur rythme et leurs tonalités.

Quant au gameplay, il est aussi simple que diablement efficace car il ne vous faudra qu’un bouton et le stick pour profiter du jeu.

Eclater la bulle

Seul le niveau de difficulté élevé risque de décourager les joueurs débutants sur les débuts au contraire des joueurs expérimentés qui trouveront un défi à leur taille.

Dans tous les cas, cette adaptation de Pang sur Colecovision est un régal et une réussite. Michel et Vincent nous offre un soft d’une rare qualité où on revient sans cesse car le plaisir de jouer est important.

Pang Colecovision

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